Le Parc de la Deûle

Lauréat du grand prix national du paysage en 2006 et du prix du paysage du Conseil de l’Europe en 2009.

Le Parc de la Deûle s'étend sur 400 hectares au sud de la Métropole Lilloise, sur les communes de Wavrin, Santes, Houplin-Ancoisne, Haubourdin, Don et Seclin.

http://www.enlm.fr/home/1300-ha-de-nature/parc-de-la-deule-et-periseaux.html

Les grands enjeux du parc

Protection des champs captants (plus d’un tiers des réserves en eaux potables de la métropole).
Protection et structuration des écosystèmes.
Amélioration de la cohérence territoriale.
Développement du concept de « parc en réseau ».

Les concepteurs ont développé un projet selon trois thèmes :

La « Nature retrouvée », le site de la Gîte à Santes

La reconquête de friches industrielles composées de dépôts de boues de Voies navigables de France, de dépôts de pneus, de décharges sauvages, a fait l’objet de travaux considérables pour dépolluer le sol, modeler les terrains, valoriser les milieux humides, planter des milliers d’arbres, créer des chemins pour piétons, cyclistes ou cavaliers.

La colline de boues a révélé un patchwork de paysages que le sentier des « hauts de Santes » permet de découvrir. Il surplombe une vallée mi-boisée, mi-prairie composée d’un ensemble de plans d’eau et de zones humides.

Le « perchoir », passerelle en bois de 100 m de long, pénètre dans la frondaison des arbres. Il permet de sensibiliser les enfants à la vie dans la canopée.

Le site de la Gîte fait l’objet d’un suivi scientifique rigoureux depuis plus de trente ans.

Un centre d’interprétation de la faune et de la flore, le Relais nature, y est installé. Il a vocation à favoriser la découverte d’une diversité entretenue pour mieux comprendre la composition et l’évolution des milieux naturels.

http://www.enlm.fr/home/relais-nature/relais-parc-de-la-deule.html

La « Nature domestiquée », les Ansereuilles à Wavrin

Le concept de nature domestiquée vise à réconcilier deux mondes : l’urbain et le rural, les espaces de loisirs étant étroitement imbriqués dans les territoires agricoles.

Des prairies d’élevage ont été restaurées, des friches revalorisées en prairies de fauche, le bocage reconstitué, les rigoles d’assèchement redessinées et remises en eau, les clôtures agricoles homogénéisées. Ce parc se veut être un modèle d’évolution des pratiques favorisant les techniques agricoles respectueuses de l'environnement.

Dans ce territoire mi-agricole mi-naturel, l’image d’un parc est donnée par la réalisation de grandes allées structurantes qui relient les villages à la Deûle.

C’est la seule concession des paysagistes à une intervention visible.

La « Nature rêvée », le jardin Mosaïc à Houplin-Ancoisne

Le jardin « Mosaïc » ouvert dans le cadre de Lille 2004, exprime la nature « rêvée ». Il évoque, sur 33 hectares, l’histoire des cultures des communautés qui composent la métropole lilloise.

L’espace public, expression d’une culture

Situé au sud de la métropole lilloise et se déployant sur plus de six communes, le parc de la Deûle a transformé l’image de la vallée de la Deûle, par la reconquête de son territoire, de ses paysages et des milieux naturels.
Une référence majeure de réflexion paysagère au service du développement du territoire.
Inauguré dans le cadre de Lille 2004 Capitale européenne de la Culture, près de dix années se sont écoulées et le parc de la Deûle, dont le développement se poursuit encore aujourd’hui, reste un projet phare pour tous les acteurs en réflexion sur le devenir de nos territoires.
Le canal de la Deûle et le canal de Seclin sont porteurs d’une forte identité. Les prairies humides et zones de marais, de trinquis, les rigoles d’assèchement et les fossés sont d’un grand intérêt écologique et l’implantation spontanée d’une végétation pionnière dans les bassins de décantation et les dépôts de boues forment des milieux différenciés riches en biodiversité.

Des espaces répondant aux attentes des usagers

Le développement durable est au cœur du projet, sur le plan écologique comme sur le plan humain. Une large consultation a été menée auprès des acteurs 
politiques, économiques, culturels et sociaux. Des rencontres avec les associations sociales, culturelles, sportives, et des échanges avec les organisations professionnelles ont favorisé la mise en commun des diagnostics, des problématiques et des enjeux. Ce processus a abouti en 2006 à la création du Conseil consultatif métropolitain des usagers regroupant les conseils locaux existants et une trentaine de fédérations ou associations. L’adhésion sociale est une des clés de réussite de ce parc qui en garantit le respect par les usagers. Ainsi s’est forgée progressivement une vision partagée entre les acteurs de ce territoire, territoire qui ambitionne de devenir le plus grand « jardin collectif » de la métropole, support d’activités multiples : culturelles, sportives, artistiques.

Le dessin des limites

L’originalité de ce parc est de s’inscrire entre les franges de l’urbanisation et le maillage agricole pour tisser des liens entre population urbaine et population rurale.

Un vocabulaire commun

Pour que les différents espaces entrent en résonance, un vocabulaire paysager commun a été défini. Des matières, textures et couleurs génériques sont la base de toutes les recompositions. Ce langage se traduit dans le traitement des fossés, le profilage des talus, la hiérarchie des chemins et le mobilier agricole (clôtures, barrières...). Dans le domaine des composants paysagers, les actions se sont concentrées sur la mise en scène des structures végétales (choix des espèces, utilisation de formes naturelles ou domestiquées, rythmes des plantations…).

Les chemins en sable de Marquise, accompagnés systématiquement de bordures végétalisées régulièrement fauchées sur leur franc-bord, contribuent à l’unicité d’ensemble du parc.

Plus que toute signalétique, ces éléments d’identification aident à construire une image commune et renforcent le sentiment d’appartenance. Cette grammaire du paysage est inscrite dans la Charte du parc de la Deûle.

Le traitement des sols

Afin d’amener des matériaux durables, de proximité, et qui font partie des filières de recyclage, il était important de prescrire différemment pour amener fournisseurs et entrepreneurs à trouver sur le marché des produits correspondants. Les chemins sont en sable de Marquise, c’est un sable qui a une teneur en chaux assez importante et qui offre une stabilisation naturelle, ce qui permet de ne pas devoir ajouter des éléments de liant.

La place du végétal

Le travail sur les haies et les formes végétales intégrées aux pâtures a été fait en concertation avec les agriculteurs, pour procurer de l’ombre ou créer des dépressions d’eau en lien avec la rivière pour le bétail. Ces éléments doivent permettre à ceux-ci de s’implanter durablement dans ce territoire d’une part, et d’autre part de permettre aux cheminements installés via la réaffectation de cheminements agricoles, de sentes ou de délaissés, de s’intégrer dans ces structures agricoles sans être une menace pour celles-ci.

L’étude des fossés, des haies et des barrières ont permis aussi de former des limites naturelles entre un public urbain et une agriculture fragile, de façon à anticiper tout conflit d’usage.

La cohérence du mobilier urbain

Le mobilier choisi est de type agricole, il a été étudié en concertation avec les agriculteurs, pour déterminer l’espacement entre les fils, l’espacement entre les piquets, la typologie des piquets, la typologie des barrières. Une forme de mobilier agricole a été recomposée et a été étendue à l’ensemble du parc de la Deûle et à l’ensemble des exploitations.

Le bois a été privilégié pour la construction des clôtures, des barrières, des bornes et des passerelles. Les essences sélectionnées sont le robinier et le châtaignier, qui sont d’origine européenne. Les robiniers, issus d’un boisement situé dans le massif central, ont été choisis sur pied.

Une gestion différenciée

La gestion différenciée a été pensée dès la conception.
Appliquée à l’ensemble du parc, elle permet de valoriser progressivement les milieux recréés. Afin de réduire les coûts d’entretien et de préserver la qualité environnementale des sites, les méthodes de gestion sont adaptées en fonction des espaces, de leurs objectifs écologiques et de leurs usages.

Espaces publics - Lille Métropole.